A la découverte des Mbo’o, un peuple de montagne au Cameroun
Vulgairement appelés « Montagnards », les Mbo,o encore 𝐍𝐠𝐨𝐡-𝐍𝐬𝐨𝐧𝐠𝐨, dans le département du 𝐌𝐨𝐮𝐧𝐠𝐨, dans la région du Littoral au Cameroun sont des peuples sawa situé dans le Koupé- Manengouba.
Peuples originels des montagnes et de la forêt, ils occupent également la majeure partie du département de la 𝐌é𝐦é, le nord du département de 𝐅𝐚𝐤𝐨 dans le Sud-Ouest, ainsi que les franges occidentales des arrondissements de 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐜𝐡𝐨𝐮 et de 𝐊é𝐤𝐞𝐦. L’identité culturelle des mbongo est unique particulièrement ancré dans les massifs des monts mangouba et koupé
L’épopée Mbo’o et les mouvements migratoires
Sur le plan historique, les Mbo s’inscrivent dans le vaste mouvement des 𝐦𝐢𝐠𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐛𝐚𝐧𝐭𝐨𝐮𝐞𝐬 𝐢𝐬𝐬𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐨, arrivées dans le golfe de Guinée vers la fin du 𝐗𝐕𝐈𝐈𝐞 et le début du 𝐗𝐕𝐈𝐈𝐈𝐞 siècle. Ils auraient emprunté le même axe migratoire que les 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚, remontant le 𝐟𝐥𝐞𝐮𝐯𝐞 𝐍𝐤𝐚𝐦 depuis 𝐘𝐚𝐛𝐚𝐬𝐬𝐢 avant de s’établir sur les versants du mont Manengouba.
Du point de vue de la mythologie Mbo’o, ce peuple est une descendance de l’ancêtre éponyme 𝐍𝐠𝐨𝐞, qui signifierait « 𝐥é𝐨𝐩𝐚𝐫𝐝 » en langue Mbo’o. Et d’après les sources orales abordées, Ngoe était installé dans les périphériques du 𝐦𝐨𝐧𝐭 𝐌𝐚𝐧𝐞𝐧𝐠𝐨𝐮𝐛𝐚. Alors qu’il vaquait à ses occupations principalement de la chasse, il fait la rencontre de Sumediang avec qui, il convole en noce.
Un jour donc, le couple reçoit la visite de 𝐍𝐠𝐰𝐚𝐭é-𝐊𝐚𝐚𝐡, une femme très mystérieuse couverte de gale et rejetée partout et de tous. Cependant, le couple très généreux a fait preuve d’un bel accueil, ce qui la femme très enthousiaste. Celle-ci leur prédit un déluge imminent qui allait ravager tout le village et donc ils devaient être les seuls rescapés grave à leur sympathie avant de disparaître.
Resté donc, le couple remplit le village en engendrant de nombreux fils tels que 𝐀𝐬𝐮𝐦𝐞-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐍𝐠𝐮𝐛𝐞-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐌𝐮𝐤𝐮𝐧𝐝𝐚-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐄𝐡𝐚𝐡-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐀𝐧𝐨𝐧-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐍𝐠𝐞𝐥𝐞-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐄𝐥𝐨𝐧𝐠-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐌𝐞𝐧𝐚𝐦𝐞-𝐍𝐠𝐨𝐞, 𝐀𝐥𝐨𝐧-𝐍𝐠𝐨𝐞 𝐞𝐭 𝐌𝐛𝐨-𝐍𝐠𝐨𝐞 entre autres. Lesquels constituent les parents des différents groupuscules et tribus formant le peuple Mbo. Nous renseigne les sources du 𝑪𝒍𝒖𝒃 𝑱𝒐𝒖𝒓𝒏𝒂𝒍 – 𝑪𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆 𝑬𝒅𝒖𝒄𝒂𝒕𝒊𝒇 𝑩𝒂𝒔𝒕𝒐𝒔
Alors, chacun de ces fils se dispersa de part et d’autre de la région du Manengouba pour fonder sa propre famille. Et ces familles s’élargissent au fil des générations pour constituer des clans, connus sous l’appellation de Mbo’o, auxquels on adjoint le plus souvent le nom du fondateur. C’est donc ainsi qu’est les 𝐌𝐛𝐨’𝐨 𝐄𝐤𝐞𝐦𝐚, 𝐌𝐛𝐨’𝐨 𝐌𝐛𝐨𝐮𝐥é, 𝐌𝐛𝐨’𝐨 𝐍𝐝𝐚𝐧𝐠, 𝐌𝐛𝐨’𝐨 𝐌𝐨𝐮𝐚𝐧𝐠𝐨, et bien d’autres. Aujoud’hui les les Mbo sont installés à 𝐓𝐨𝐦𝐛𝐞𝐥, 𝐌𝐨𝐮𝐚𝐧𝐠𝐮𝐞𝐥, 𝐍𝐠𝐮𝐭𝐢, 𝐋𝐨𝐮𝐦, et même au-delà.
L’organisation de la société Mbo’o
La société Mbo repose sur un 𝐦𝐨𝐝è𝐥𝐞 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐚𝐠𝐞𝐫. L’unité de base est la famille restreinte, appelée ebubeh. Elle est constituée regroupant du père, ses épouses (les 𝐧𝐬𝐮𝐧 𝐧𝐢𝐧) et leurs enfants. Plusieurs familles forment un clan, le mbo’o, dirigé par un chef appelé 𝐬𝐚’𝐚𝐧 𝐦𝐛𝐨’𝐨, fondateur du village. L’ensemble des clans et villages constitue le 𝐦𝐛𝐨𝐜𝐤 𝐝𝐣𝐨𝐢𝐧 (le pays Mbo,o). Leur pouvoir de type segmentaire repose sur deux institutions principales à savoir : l’𝐀𝐟𝐨𝐧 — ou 𝐌𝐨𝐮𝐚𝐧𝐤𝐨𝐮𝐦 chez les Mbo’o de la rive droite du Nkam et l’𝐄𝐤𝐚𝐥é.
D’apres Ewanè, un ancré des cultures Mbo’o « le véritable pouvoir appartient aux 𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐭é𝐬 𝐬𝐞𝐜𝐫è𝐭𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐬𝐜𝐮𝐥𝐢𝐧𝐞𝐬 : le 𝐍𝐤𝐨𝐮𝐦, gardien de l’ordre et de la paix sociale, dont les membres siègent dans un lieu sacré appelé 𝐄𝐛𝐞𝐮𝐦 et administrent parfois une potion protectrice nommée 𝐀𝐝𝐣𝐚𝐧 ; le 𝐌𝐨𝐮𝐚𝐧𝐤𝐨𝐮𝐦, assemblée nocturne des dépositaires du culte des ancêtres, dont le représentant est le 𝐒𝐨𝐫 𝐌𝐛𝐞𝐮𝐡 ; et l’𝐀𝐡𝐨𝐧, caste des nobles et plénipotentiaires, dont les membres sont appelés 𝐍’𝐧𝐡𝐨𝐧, c’est-à-dire « riches », et dont la danse sacrée est désignée sous le nom d’𝐄𝐬𝐚𝐤𝐡𝐞𝐮-𝐀𝐡𝐨𝐧, la danse du noble.
La vie économique et cultures culinaires des Mbo’o
Peuple de forêts et de montagnes, les Mbo’o pratiquaient une économie diversifiée. Mais l’agriculture constitue leur activité principale, fondée sur des cultures de subsistance : 𝐥𝐞 𝐭𝐚𝐫𝐨, 𝐥𝐞 𝐡𝐚𝐫𝐢𝐜𝐨t, le 𝐦𝐚ï𝐬, les 𝐚𝐫𝐚𝐜𝐡𝐢𝐝𝐞𝐬,le 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐨𝐜 et la 𝐛𝐚𝐧𝐚𝐧𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧. Il est vrai que La chasse occupait une place d’honneur dans la vie des hommes, pratiquée à l’aide d’arcs, de flèches ou de l’arme à feu locale appelée 𝐞𝐬𝐬𝐨𝐧𝐠𝐨, accompagnée de chiens de chasse nommés 𝐚𝐛𝐢𝐞𝐮𝐦 ou de pièges appelés 𝐚𝐥𝐚𝐧. L’artisanat faite d 𝐬𝐜𝐮𝐥𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐢𝐬, mortiers, pilons, tam-tams (𝐥𝐞𝐮𝐦𝐞), tambours (𝐧𝐠𝐨𝐦𝐞), la vannerie, la poterie et la métallurgie.
Le mets phare chez les Mbo’o reste et demeure le 𝐤𝐨𝐤𝐢, C’est d’ailleurs ce qui leur vaut le sobriquet 𝐦𝐛𝐨𝐤𝐨𝐤𝐢 de la part des peuples voisins. le vin de palme entaché du goût amère appelé Etchèkou accompagne ce met au côté duquel de la viande de chien. Et le 𝐦𝐨𝐧𝐭 𝐊𝐨𝐮𝐩é est considéré comme le 𝐛𝐞𝐫𝐜𝐞𝐚𝐮 𝐦𝐲𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐚𝐧𝐢𝐭é, le lieu d’échange entre le monde des vivants et celui des morts, . Les grands initiés s’y rendent la nuit dans le plus grand secret.
Les Mbo’o, peuple réligieusement monothéiste
Sur le plan religieux, les Mbo sont monothéistes. Ils croient en un Dieu suprême, créateur du ciel et de la terre, appelé 𝐒𝐨𝐧 𝐦𝐞 𝐲è𝐦𝐞𝐮𝐡, littéralement « 𝐥𝐞 𝐩è𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐧𝐜ê𝐭𝐫𝐞 ». Il pratiquent le culte des ancêtres et communiquent avec eux. Ici, Dieu est conçu comme un être distant, le lien entre l’humain et le divin passe par les esprits, les génies et les ancêtres. Dans les chants et les rites, l’on fait toujours allusion à « 𝐨 𝐲è𝐦𝐞𝐮𝐡 », les ancêtres, pour témoigner de la reconnaissance envers l’être suprême.
Olivier Charly, l’esclave de la culture (+237) 691347589

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