La cyber addiction: Être accros au téléphone est une drogue qui détruit les cultures et les habitudes d’antan
Il est devenu impossible ou presque, de voir des personnes sans leurs téléphones portables ou un écran de jours comme de nuits. Ce phénomène pire que la drogue qui se définit en effet comme un usage excessif et compulsif des écrans est appelé la cyber addiction. Un fléau dangereux qui aliène à la fois jeunes, adultes et même les plus vieux.

Au Cameroun, le téléphone est devenu un outil dangereux qui semble remplacer la convivialité et la chaleur humaine. Cette dépendance anormale au téléphone, réseaux sociaux ou internet s’intensifie de plus en plus et malheureusement, on s’y plaît, ça détruit les couples, on rit, on prend du plaisir, on le prend à la légère, pourtant ça nous tue progressivement.
Il est vrai aujourd’hui, avec son téléphone et sa simple connexion internet, on peut être connecté à des centaines de milliers de personnes. Ce qui n’est pas mauvais si c’est pour des fins professionnelles. Effectivement pour certains, « c’est un outil de travail » clament – ils. Son usage responsable présente des opportunités incroyables surtout en ce moment où le monde avance à une vitesse de croisière et où le numérique offre d’énormes avantages. D’ailleurs, pour Moukodi, un blogueur interrogé à ce sujet: « C’est tout mon bureau, plus besoin de me déplacer pour travailler » déclare t-il. Mais malheureusement, combien en font bon usage ?
Les conséquences immédiates et lointaines de la cyber addiction
Nous sommes tous devenus des accros au téléphone. Il n’existe plus de dialogue entre nous. En famille, dans nos ménages et même entre amis, c’est la catastrophe. La convivialité a disparu, la chaleur humaine, l’ambiance d’antan d’une bonne conversation aussi. Chacun est soudé et connecté à son téléphone. Impossible même de remarquer la présence de son prochain autour de soi. Le téléphone semble remplacer un frère, une sœur, un ami bref tout proche.
La cyber addiction, qui se traduit souvent par la nomophobie a fait disparaître nos relations, notre culture et l’amour du prochain. L’on se pose même la question de savoir où sont passés nos jeux d’enfance et nos parlements dans les carrefours ? Pour d’autres c’est juste un instrument de distraction et de perversion rien de plus important. Des jeunes par exemple dépensent des fortunes pour s’offrir des téléphones de valeur, pas des moindres juste pour des jeux vidéos, des paris sportifs et parfois des tiktok non éducatifs pourtant.
Les conséquences lointaines de la cyber addiction
Fabrice Makem, consultant formateur en EMI et promoteur de l’esprit critique situe également les conséquences de cette dépendance à téléphone (Cyber addiction) sur plusieurs plans, notamment sur le plan comportemental, social, familial et professionnel. Ainsi, chez les jeunes. On observe souvent une baisse de la concentration, des difficultés scolaires ou professionnelles, l’isolement social, les troubles du sommeil, de l’anxiété et très souvent une perte de l’ estime de soi liée à la comparaison sociale permanente sur les réseaux et l’attente de validation sociale de ses actions . À long terme, cela peut affecter les relations familiales, la santé mentale et même la santé physique de la personne. D’où la question d’un usage responsable de ces outils.
Mais quand on parle d’usage responsable de quoi s’agit-il réellement?
Il serait important d’inculquer à la jeunesse et à tous les utilisateurs de ces appareils à cause de la dépravation, des notions même d’usage responsable. Ainsi, le téléphone doit être perçu comme un outil de travail et non comme un simple « compagnon toxique).
Nonobstant, pour Fabrice Makem « un usage responsable du téléphone et des réseaux sociaux, c’est un usage conscient, équilibré et maîtrisé ». Autrement dit: « Il s’agit de se servir de ces outils pour s’informer, communiquer, apprendre ou travailler, sans en devenir dépendant ni en subir les effets négatifs ou alors faire en subir aux autres. Ceci implique le respect de soi et des autres. J’évoquerai ici la protection de la vie privée, la vérification des informations avant de les partager, le respect des règles de civilité en ligne,… » enseigne ce fervant acteur de l’éducation aux médias et à l’information.
A qui incombe la responsabilité de lutter contre la cyber addiction ?
La responsabilité de la cyber addiction, est partagée et incombe à tous. C’est d’ailleurs ce que soutient Badal Fohmoh, fondatrice de Class Pro et formatrice en EMI, lorsqu’elle affirme que: « Je crois que la responsabilité est partagée parce que la cyber addiction ne dépend pas d’une seule personne. Je vois ça comme un contrat social. Il y a la responsabilité individuelle, celle de la personne concernée, celle des parents, celle des entreprises techs (Meta et autres) et celle de la société. »
Alors comment peut-on sortir de cette dépendance ?
Face à ce phénomène, Fabrice Makem propose les solutions durables c’est-à-dire l’éducation et la sensibilisation permanente. Et d’après lui, «Il est essentiel d’apprendre très tôt aux jeunes à gérer son temps d’écran, à comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux et leurs mécanismes d’addiction. J’encourage aussi la mise en place de règles claires d’utilisation des écrans aussi bien en famille qu’à l’école, ainsi que la valorisation des activités hors écran comme le sport, la lecture ou autres. les parents, éducateurs ont un rôle important à jouer en montrant l’exemple (ce qui n’est pas évident) et en accompagnant les jeunes vers un usage plus sain et équilibré du numérique » conclut-il.
Olivier Charly (+237) 691347589

Aucun Commentaire