À découverte, Ekeke Kotto Henri Daryl 31 ingénieur en génie civil : « Un ingénieur, pour moi, c’est avant tout quelqu’un qui utilise ses connaissances scientifiques, techniques et son expérience pour concevoir des solutions à des problèmes concrets »
Henri Daryl comme l’on t’appelont au quotidien, peut-on en savoir plus sur la personne derrière ce nom?
Humm en effet, je m’appelle Ekeke Kotto Henri Daryl, je suis né le 20 avril 1995 à Bomono Ba Mbengue, dans l’arrondissement de Dibombari. Je suis titulaire titulaire d’une Licence en Génie Civil, option Bâtiment et Travaux Publics. En effet, après mes études primaires à l’école Saint-Thomas de Bomono, je migre pour le secondaire au lycée de Bekoko avant de rejoindre le Collège bilingue Fultang a nkongsamba.
Après mon baccalauréat où j’obtiens mon baccalauréat en 2015, c’est donc à Kumba dans le Sud Ouest je m’oriente dans le bâtiment et de là, j’obtiens un brevet de technicien supérieur (BTS) en génie option génie Rural avant de couronner avec la Licence.
Mais pour moi, les diplômes ne constituent que le début. J’ai également suivi différentes formations complémentaires en dessin architectural, calcul de structures et topographie, et j’ai eu l’occasion de travailler comme consultant indépendant auprès de structures de topographie et d’autres entreprises du BTP.

C’est qui un ingénieur et quel est le parcours normal pour devenir ingénieur ?
Un ingénieur, pour moi, c’est avant tout quelqu’un qui utilise ses connaissances scientifiques, techniques et son expérience pour concevoir des solutions à des problèmes concrets.
Dans le domaine du génie civil, cela signifie par exemple concevoir une structure, dimensionner un ouvrage, étudier un projet, organiser son exécution et veiller à ce que la réalisation respecte les règles de l’art, les normes et les exigences de sécurité.
Au Cameroun, le parcours classique dépend de la filière et de l’école, mais il existe notamment des cycles d’ingénieurs accessibles après le baccalauréat, avec des formations pouvant aller jusqu’à cinq années. Par exemple, le cycle ingénieur de l’ENSTP présenté par le MINESUP comme une formation de niveau BAC + 5.
Mais il existe aussi des parcours progressifs, comme le mien, où l’on commence par une formation technique, puis continue vers le génie civil et complète par des formations professionnelles et surtout par l’expérience du terrain.
Quel est le rôle d’un ingénieur dans le bâtiment et sur un chantier ?
L’ONIGC rappelle d’ailleurs que les missions de l’ingénieur de génie civil comprennent notamment les études, la maîtrise d’œuvre, la consultation et la coordination des travaux. En effet, un bon chantier commence avant même que la première pelle ne touche le sol.
Alors, le rôle du professionnel du génie civil sur un chantier est extrêmement important parce qu’un bâtiment ne se résume pas à poser des briques. Il faut d’abord comprendre le projet, analyser les plans, vérifier les contraintes du terrain, réfléchir aux fondations, aux structures, aux matériaux, puis organiser et contrôler l’exécution.
Sur un chantier, il est également question d’assumer la coordination entre les différents intervenants : le propriétaire, l’architecte, les techniciens, l’entreprise, les ouvriers et les différents corps de métier. L’objectif étant que le projet soit réalisé dans les règles de l’art, avec la qualité, la sécurité, le respect des plans, des délais et du budget.
Qu’est-ce qui te pousse à embrasser ce métier aussi complexe ?
Voir une idée de maison, de bâtiment ou d’aménagement devenir une réalisation, c’est ce qui me passionne et me rend fier.
Ce qui m’a attiré dans ce métier, c’est d’abord la possibilité de transformer une idée en une chose concrète. Alors comme tout jeune qui vient d’obtenir son baccalauréat, j’ai été fortement orienté aussi par mon père qui avait une belle vision d’avenir par rapport à ce métier. Aussi le développement de nos villes et de nos villages sont une dimension qui me tient particulièrement à cœur.
Et lorsque je me tourne par exemple sur le cas de Dibombari et plus largement le Cameroun, je vois énormément de potentiel. Il y a encore beaucoup à faire en matière d’habitat, d’aménagement, de voirie et d’infrastructures.
J’ai donc choisi ce domaine parce que je veux être acteur de cette transformation»
Quelle est la place d’un ingénieur dans l’aménagement du Cameroun et particulièrement à Dibombari ?
Je pense que les professionnels du génie civil ont une responsabilité importante dans le développement d’un pays.
L’aménagement d’un territoire, ce n’est pas seulement construire de belles maisons. C’est également penser aux routes, au drainage, à l’assainissement, à l’eau, aux équipements publics, aux zones d’habitation et à la manière dont les différentes infrastructures vont fonctionner ensemble.
Et à Dibombari, nous avons énormément de possibilités. C’est un territoire qui peut continuer à se développer tout en conservant ses potentialités agricoles et rurales. Mon souhait est donc que les jeunes professionnels originaires de Dibombari puissent participer à cette transformation, en apportant leurs compétences et en travaillant également avec ceux qui ont plus d’expérience tel M. Ekambi Émile et M. Mpessa Benjamin etc. car le développement ne doit pas être une compétition entre générations. Au contraire, les compétences des jeunes et l’expérience des aînés devraient plutôt se compléter.
Quelle est ta spécialité de prédilection dans l’ingénierie?
Je suis particulièrement attiré par le domaine du bâtiment, notamment tout ce qui concerne la conception, le dessin architectural, l’étude et la compréhension des structures.
J’aime également tout ce qui touche aux études préparatoires d’un projet, parce qu’un bon projet doit partir d’une bonne compréhension du terrain.
Ce qui me plaît surtout, c’est la combinaison entre créativité et technique. Il faut pouvoir imaginer un bâtiment, mais il faut également comprendre comment il va réellement tenir, comment il sera construit et comment il va fonctionner.
Parle nous de home Design et ses services
En effet, Home Design est une structure spécialisée dans le dessin architectural, les plans, les visualisations 3D, les études, les conseils techniques, le suivi, la supervision des travaux et dans certains services liés à la topographie et aux études de terrain.
Elle intervient notamment dans la conception et l’accompagnement des projets de construction, depuis l’idée du client jusqu’au suivi de la réalisation.
Nous proposons également la location de matériel BTP tel que des vibreurs à béton des motopompes des dames sauteuses etc…
La philosophie de notre structure est de ne pas simplement remettre un plan au client et le laisser se débrouiller. Nous voulons l’accompagner dans son projet et faire le lien entre ce qui a été conçu sur papier et ce qui est réellement exécuté sur le terrain.

Parle-nous de quelques-unes de tes réalisations
J’ai eu l’occasion de travailler sur différents types de projets, notamment dans la conception architecturale, le dessin de plans, les études techniques, la topographie et l’accompagnement de projets de construction.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est de partir d’un besoin parfois très simplement exprimé par un client et de le transformer en un projet cohérent : distribution des espaces, circulation, esthétique, fonctionnalité et aspects techniques.
Mes réalisations sont visibles tant pour les plans, que dans la construction proprement dit. Ainsi dit avec ma très vaillante équipe je cite entre autres un r+1 à Maka qui était mon premier
4 studios modernes pour grande mère à Bekouma, Fondation R+1 à Bomono gare pas loin de Ebokapan, Une cité et un appartement à Yapaki, des appartements meublés à Bomono pour ne citer que ceux-là. Également certains projets sont encore en cours d’évolution et d’autres en cours de réalisation.



La jeunesse de Dibombari mérite-t-elle d’être encouragée dans l’entrepreneuriat ? »
Absolument. Mais je pense qu’il faut aller plus loin que simplement dire aux jeunes : “Entreprenez”.
Il faut aussi leur donner accès à la formation, au financement, au mentorat et surtout à l’accompagnement.
Un jeune peut avoir une bonne idée mais manquer d’expérience, de capital ou de réseau. Cela ne veut pas dire que son projet est mauvais.
À Dibombari, je pense qu’il faut encourager les jeunes à identifier les problèmes de leur environnement et à chercher des solutions économiques autour de ces problèmes.
L’agriculture, le BTP, les services numériques, la transformation agroalimentaire, le commerce, l’artisanat… il y a énormément de possibilités.
Cependant, il faut également apprendre aux jeunes que l’entrepreneuriat n’est pas seulement vouloir gagner de l’argent. C’est créer de la valeur, résoudre un problème et être capable de durer.
Il ne faut pas seulement demander aux jeunes de chercher un emploi ; il faut aussi leur apprendre à créer.
Quelle dimension souhaites-tu atteindre dans ce métier qui vise la créativité ?
Je vois Home Design aller beaucoup plus loin qu’une simple activité de dessin ou de construction.
À long terme, j’aimerais développer une véritable structure capable d’intervenir sur différents niveaux d’un projet : conception, études techniques, accompagnement, réalisation et suivi.
Je souhaite également intégrer davantage les outils numériques, la modélisation 3D, les nouvelles méthodes de conception et progressivement les technologies qui permettent aujourd’hui de travailler plus efficacement.
Mon ambition ne se limite donc pas à devenir grand. Je veux surtout devenir meilleur et plus fiable. Parce qu’en construction, une réputation se construit projet après projet.
Je ne veux pas simplement construire des bâtiments ; je veux construire une réputation basée sur la qualité et le respect des règles.
Avec les contraintes actuelles, comment comptes-tu y arriver ? Et quelles sont tes relations avec tes aînés de Dibombari ?
Les difficultés font partie du parcours entrepreneurial, particulièrement dans notre contexte. Il y a les contraintes financières, l’accès aux équipements, la concurrence, parfois les difficultés à faire comprendre la valeur d’une prestation professionnelle. Mais je pense qu’il faut répondre à ces difficultés par la formation continue, la discipline, le travail et surtout les partenariats.
Concernant les aînés du domaine à Dibombari, je ne considère pas leur expérience comme une menace. Au contraire, je pense qu’elle constitue une richesse. Et comme je l’ai dit plus haut je collabore régulièrement avec M. Ekambi Emile qui signe mes plans quand c’est nécessaire.
Je suis encore jeune dans le métier et je sais que certaines choses ne s’apprennent pas uniquement à l’école. Elles s’apprennent avec les années, les erreurs et les chantiers.
Donc mon approche est simple : respecter ceux qui étaient là avant nous, apprendre auprès d’eux et apporter aussi ce que notre génération peut apporter.
Je pense que lorsque l’expérience des aînés rencontre l’énergie et les nouvelles compétences des jeunes, tout le monde peut y gagner.
Un mot pour ces jeunes bacheliers qui souhaiteraient embrasser le même métier et ces entrepreneurs qui reculent encore face à la confiance de l’expérience jeune comme la tienne ?
À un jeune qui vient d’obtenir son baccalauréat et qui souhaite se lancer dans ce domaine, je dirais d’abord : sois patient et sois curieux. Le génie civil demande des connaissances, mais également beaucoup de pratique. Ne cherchez pas uniquement le diplôme. Cherchez à comprendre, à apprendre auprès des personnes expérimentées et à vous confronter au terrain.
Et aux entrepreneurs qui hésitent encore à faire confiance à la jeunesse, je vous dirai seulement que : donnez-nous l’opportunité de vous montrer ce que nous savons faire. La jeunesse ne signifie pas absence de compétence. Bien sûr, nous avons encore beaucoup à apprendre, mais nous avons aussi de l’énergie, des idées, des outils numériques et une capacité d’adaptation.
Faites-nous confiance, mais surtout faites-nous mériter cette confiance par notre travail.
Et pour terminer, je dirais aux jeunes de Dibombari : n’attendez pas que quelqu’un vienne construire votre avenir à votre place. Formez-vous, entreprenez, travaillez ensemble et commencez avec ce que vous avez. Parce que le développement de Dibombari ne viendra pas seulement d’ailleurs. Il viendra aussi de ses propres fils et filles.
Olivier Charly+237) 691347589

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