Muwaso Mwa Janea, la recherche du chef décédé symbole de la pérennité d’un roi en pays Sawa
Dans la culture sawa et bantoue en général, le roi ne meurt jamais, il est forcément quelque part. D’où l’importance de la cérémonie « Muwaso Mwa Janea ».

Chez les peuples sawas, lorsqu’un chef, un eyum’a moto ou un notable décède, il est inhumé quelques temps après, salué par les rituels qui accompagnent ce moment. Et plus tard sont organisées les cérémonies officielles en son hommage. Cependant, en fonction du degré de chefferie, il existe un rituel propre au chef. Il s’agit de « Muwaso Mwa Janea », la recherche du roi (chef).
Comme son nom l’indique, le « Muwaso Mwa Janea » est une cérémonie rituelle et funaire qui consiste pour les « ngon » (filles du village) et les « bito » (femmes des natifs) à chercher la disparition de leur frère et mari. Elles se mobilisent donc en grande masse et vont de canton en canton, de village en village, ainsi que dans les lieux où le chef avait l’habitude de se rendre ou il est sensé être. Car comme il se dit chez ce peuple de l’eau : « les roi ne meurt jamais ».
Il s’agit donc pendant le Muwaso, de chercher les nouvelles de sang’asu que nous n’avons pas aperçu depuis un moment. C’est le moment de se questionner, questionner ses homologues sur la supposée disparition de leur pélerins. En ce moment, les rues se font toutes immergées de ces femmes de noir vêtues symbole de la mauvaise nouvelle, de l’inquiétude et certainement du malheur au sein de population restée sans nouvelles depuis un moment.
Cette démarche se passe en général au levée du soleil (Mabolobolo) et en soirée au couché du soleil (élolombé). Le moment où le chef est sensé être allongé quelque part sur une chaise, cirotant un mpondé de mao ma malende (un ver de vin de palme) avec à sa main un njanjo (chasse mouches).
La marche du Muwaso est aussi accompagnée du ngoso c’est à dire les chansons traditionnelles et aussi de l’elongi bosangi (louanges). Celles-ci rithment avec les pas à la fois de ces veilles mamans et des jeunes femmes qui ont laissé leurs champs et leurs occupations pour prendre des nouvelles de leur guide.
Cependant, tout est programmé. Il est évident que cette recherche n’aboutira à rien. Et à son terme, parce qu’ayant fouiller partout sans suite favorable, ce sera le moment de déclarer echec. Et officiellement la mort du roi et sa vacances au trône sont annoncés. Ça et là, le ciel s’assombrit, suivit d’ un grand vent et le son du tam- tam qui envoient la malheureuse nouvelle. Et en ce moment, pleurs lamentations et larmes ruissellent et font ressentir le désarroi et la pitié.
Au total, loin d’être une simple mise en scène, le « Muwaso Mwa Janea » à une forte symbolique qui est celle de la pérennité et la puissance d’un chef. Comme le dit – on: « Kingè esi mala bedimo », le roi ne meurt jamais.
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