Sur son lit d’hôpital, petit pays face aux journalistes, s’exprime
« Mon rêve c’est de voir la musique camerounaise s’imposer dans le monde, nous avons les talents chez nous». Ces propos sont ceux d’un visionnaire et d’un amoureux de la musique Camerounaise RABBA RABBI dans une interview (tome 4) rendu public ce 11 Mars 2019 dans sa page Facebook officielle (planète Petit Pays et les Sans Visas actu). Alors à fin que nul n’en ignore, nous vous proposons de découvrir l’essentiel de cet entretien.
Petit pays, que pensez-vous de la musique camerounaise d’aujourd’hui ?
Elle est bonne et l’a toujours été. La musique camerounaise se porte bien.
Votre réponse est surprenante car cette musique balbutie au niveau international. Les prix sont raflés par les nigérians, les congolais, ivoiriens.
C’est facile de juger les musiciens camerounais sur la base des trophées d’ailleurs ces trophées, je les mets à la cuisine quand on m’en remet.
Mais le trophée est remporté par les meilleurs artistes, c’est une récompense.
Je ne sais pas ce que vous entendez par meilleur artiste. Davido est-il meilleur que Mr Leo? Ces ivoiriens sont-ils meilleurs que les Coco argentée ? Quand vous avez les talents comme les Salatiel, Locko et j’en passe, vous voulez qu’ils gagnent les trophées comment quand rien n’est organisé ici? Fally Ipupa est-il meilleur que Charlotte Dipanda, Belka Tobi? Les musiciens camerounais ont le talent qu’il faut, mais rien n’est organisé.
Réponse surprenante une fois de plus puisque vous ne parlez pas de vous-même. Il s’est souvent dit que vous vous considériez comme le seul, l’unique musicien camerounais.
Petit Pays: et selon vous c’est qui le numéro un?
C’est moi qui pose des questions. Mais je vais vous répondre clairement. A titre personnel, vous êtes le numéro 2 après Manu Dibango.
Ah! le grand frère Manu est l’un des pionniers de notre musique avec les Toto Guillaume, Ekambi Brillant… Je ne me compare jamais à mes aînés. Avec eux c’est le respect. Ils m’ont fait rêver. Mais quand je veux leur faire des reproches, je le fais sans remettre en cause leurs talents.
Que leurs reprochez-vous par exemple?
Je leurs reproche le fait de n’avoir pas tracé la voie aux autres générations. Manu Dibango qui est respecté partout dans le monde pouvait faire beaucoup de choses pour notre culture mais il ne l’a pas fait, du moins pas assez.
Voulez-vous que Manu fasse le travail de l’État?
0n peut reprocher des choses à l’État mais l’État ne peut pas tout faire. Est-ce normal que nous n’ayons pas de vraies salles de spectacles au Cameroun pays de Manu Dibango? Est-ce normal que nous n’ayons pas des structures pour accompagner les jeunes ? C’est du pays de Manu Dibango que nous parlons.
Mais c’est aussi le pays de Petit Pays. On ne peut pas parler de Musique au Cameroun sans parler de vous deux.
Je ne peux pas énumérer tout ce que j’ai fait pour notre culture. J’ai été combattu, humilié, mais j’ai dit que je ferai quelque chose pour mon pays. Il n’est pas normal que les musiciens camerounais passent pour des mendiants.
Concrètement qu’avez-vous fait Petit Pays?
comme vous insistez, je parlerais uniquement de ma dernière réalisation qui entre dans mes projets pour la culture.
Allez-y.
Quand j’ai écouté les Daphné, Mr Leo, Salatiel chanter et que j’ai appris qu’ils étaient camerounais, j’ai dit que voilà encore les talents qui risquent de mourir comme d’autres talents faute d’encadrement. J’ai remarqué que tous ces jeunes ont du talent, puis ils étaient nombreux à avoir ce talent. Mais, soit ils allaient en Europe enregistrer, soit au Nigeria…
J’ai décidé d’ouvrir un studio d’enregistrement à plusieurs centaines de millions pour offrir à cette jeunesse talentueuse. Ce studio n’est pas forcément pour ceux qui connaissent déjà du succès, mais pour tous les jeunes talentueux qui ne peuvent pas avoir les moyens de s’exprimer et de se produire. J’ai ouvert un studio dernière génération, numérique pour ces jeunes.
Mes félicitations Turbo vous êtes vraiment un modèle. Mais où prendront-ils l’argent pour enregistrer chez vous?
Tout est gratuit dans ce studio. Vous vous entendez avez les techniciens. J’avais fait venir les techniciens des P-Square pour former nos techniciens. C’est gratuit.
Et vous pensez que le son sera meilleur comme celui des P-Square ?
Mon nouvel album de 15 titres « Wala longo » composé sur mon lit d’hôpital a un son que vous n’écouterez plus ailleurs. Le son est impeccable.
Vous dites que le studio est numérique. Vous vous essayez à la musique urbaine?
Petit Pays fait tout genre de musique. Écoutez l’album vous y trouverez la musique urbaine, et toutes les sonorités. Je fais même du rap. Il faut me découvrir dans ces registres.
Ah oui oui que du lourd ! Rabbi, en vrai homme averti vous donne rendez-vous dans son prochain album « Wala longo » (Ton départ). Punch, éthique et découverte seront au programme, vous vous régalerez certainement. Mais pour le moment, suivez l’actualité du grand maître sur sa page (planète Petit Pays et les Sans Visas actu) et pour l’original de cet entretien rendez-vous sur (https://www.facebook.com/search/top/?q=planète%20petit%20pays%20et%20les%20sans%20visas%20actu&epa=SEARCH_BOX )
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